Portraits vignerons

Jean-Benoit Cavalier – Château de Lascaux " Un défi passionnant qui m’anime depuis le premier jour... "

Parce que derrière chaque vin se cache un vigneron et un domaine, chez Geovina on a voulu en savoir un peu plus sur nos abonnés. Toujours dans la démarche de vous donner une autre vision du vin et de vous faire connaître les coulisses, on s’est entretenu avec Jean-Benoit Cavalier, vigneron et propriétaire du Château de Lascaux.

Bonjour Monsieur Cavalier ! Aujourd’hui on se retrouve avec vous, et on a le sentiment que nos lecteurs meurent d’impatience d’en savoir plus sur vous et votre domaine !
 
Parlons de vous…
 
Quel est votre objectif en tant que vigneron ? Ce qui vous a amené en quelques sortes à réaliser ce métier ?
 
« Bonjour Geovina, et merci pour cette interview !
Mon objectif en tant que vigneron est de faire un vin qui soit l’expression d’un lieu au travers d’un savoir- faire unique. La notion de Terroir est un élément primordial dans la production de vins en AOC. Perpétuer ces traditions pour extraire le meilleur de la vigne est un défi passionnant qui m’anime depuis le premier jour. »
 
Les qualités nécessaires au métier de vigneron ? Quels sont les atouts d’un vigneron ?
 
« Pour moi il faut quatre qualités majeures pour réaliser ce métier :
 
Engagement : En tant que vigneron, nous avons des responsabilités envers la nature qui nous entoure. Notre belle garrigue nous permet d’obtenir une qualité de vin incomparable. Nous pratiquons des méthodes biologiques et biodynamiques pour respecter notre engagement envers notre environnement, la faune et la flore qui le compose.
 
Patience : La patience est un atout indispensable au métier de vigneron. Une grappe de raisin nécessite de l’attention, du soin et du temps avant d’exprimer tout son potentiel. L’apogée du travail fournis pour une cuvée peut parfois nécessiter des années d’attente, mais le résultat en vaut la chandelle.
 
Courage : Être vigneron, c’est faire preuve de courage. Quand le climat ne nous est pas favorable et endommage un an de travail et de récolte, voire plus, notre patience et notre volonté est mise à rude épreuve. Là où d’autres fléchiraient, le courage et la passion nous permettent de continuer et d’avancer quoi qu’il advienne.
 
Constance : Être constant dans ses méthodes de travail permet de construire avec fiabilité une entreprise pérenne. La constance sert de point de repère et rassure nos clients. A chaque nouveau millésime, l’objectif est de ne jamais décevoir, et d’offrir une qualité constante de nos produits. « 
 
Vigneron, c’était une vocation pour vous ?
 
« Après mon diplôme d’ingénieur en agriculture, j’étais à la fois vigneron et éleveur de vaches de race Aubrac ; j’ai dû faire un choix. Ma passion pour la vigne l’a emporté sur celle des vaches, que je n’ai pas totalement abandonnée. Tout au long de l’année, un troupeau d’ovins et de bovins viennent animer notre paysage, et pâturent parfois dans les vignes.
 
Je suis, de plus, la 14ème génération de vignerons de la famille Cavalier. Je ne sais pas si cela est une vocation, mais, ayant accompagné dès l’âge de 4 ans mon père et mon grand-père dans la cave comme dans les vignes, faire ce métier dans ce lieu était pour moi une évidence. On peut dire que l’expression « La terre ne m’appartient pas, j’appartiens à la terre » traduit bien cette réalité. »
 
« La terre ne m’appartient pas, j’appartiens à la terre. »
 
Petite question indiscrète : votre premier geste le matin ?
 
« Le matin, je mets en perspective ma journée afin de l’apprécier dans son ensemble, de prioriser les tâches et d’optimiser le temps, pour obtenir le meilleur fonctionnement possible au sein du domaine pour atteindre les objectifs de la journée. »
 
Si vous aviez un seul mot pour désigner ce si beau métier ?
« Sensible ! Ce mot parle de lui-même et englobe tout ce dont nous avons discuté précédemment. Il est essentiel de faire preuve de sensibilité vis-à-vis de la nature, de la vigne et des problématiques quotidiennes, lorsque l’on est vigneron et chef d’entreprise. »
 
Un vin que vous aimeriez déguster par-dessus tout ?
 
« Un Romanée-Conti, bien sûr 😉 ! « 
 

 
Parlons de votre Domaine maintenant…
 

Depuis combien de générations votre domaine existe-t-il ?

« Notre domaine se transmet dans la famille depuis 1554. Le Château de Lascaux est un lieu unique, chargé d’histoire, marqué par la témérité de quatorze générations de vignerons. Et c’est d’ailleurs grâce à cette alchimie entre la plante et son environnement que naissent ces vins d’exception, dotés d’une élégance aromatique rare, qui expriment tout le caractère et la puissance de leur terroir, celui du Pic-Saint-Loup. »
  
« Préserver notre patrimoine végétal, mon ambition ! »
 
Qui le dirige ? Collaboration ? Seul ?
 
« À la suite de mon père et mon grand-père, j’ai repris la destinée du domaine en main, en tant que vigneron indépendant, dès 1984. J’ai alors décidé de relancer la cave particulière et de renouveler l’encépagement, car je suis convaincu, comme mes aïeux avant moi, du potentiel de ces terroirs. »
 
Combien d’hectares représente votre domaine ? Et, du coup, combien de parcelles ? Les origines et le rendement de vos vignes ? …Curiosité quand tu nous tiens… 😉
 
« À l’heure actuelle, notre domaine s’étend ses 85 hectares de vignes sur deux appellations : L’AOC Languedoc et l’AOC Pic-Saint-Loup, sur lesquelles poussent des cépages rouges (Syrah, Grenache, Mourvèdre et Cinsault, principalement) et des cépages blancs (Roussanne, Marsanne, Vermentino, Viognier, Grenache blanc, Clairette, entre autres…). La moyenne d’âge du vignoble se situe autour d’une quarantaine d’années. En AOC Pic-Saint-Loup, les rendements sont limités à 35 hectolitres par hectare. Ils peuvent monter plus haut pour l’AOC Languedoc, sans pour autant dépasser les 45 hectos.
 
Je travaille également avec une vingtaine d’hectares en IGP Saint Guilhem Le Désert – Val de Montferrand où poussent du cabernet et du merlot en rouge, et du sauvignon blanc et dont le rendement ne peut pas dépasser les 70 hl/hectare. »
 
Parlez-nous de votre vin… Quelles techniques de vinification utilisez-vous ?
 
« Soucieux de préserver notre patrimoine végétal, je travaille depuis plus de douze ans maintenant en agriculture biologique pour conserver la biodiversité et la richesse des sols. Les 200 hectares de garrigue sauvage qui protègent le vignoble du Château de Lascaux en dépendent. Depuis près de 5 ans maintenant, je poursuis cette démarche par l’application de pratiques biodynamiques.
 
En termes de vinification, le Château de Lascaux est doté de deux cuveries. La cave la plus ancienne a été construite par mon arrière-arrière-grand-père. C’est une belle bâtisse de pierre gardant nos cuves à l’abri de la chaleur et de la lumière. Puis, ayant besoin davantage d’espace, j’ai fait construire la nouvelle cave, en 2013. Ce bâtiment moderne a été pensé de manière à générer le plus faible impact environnemental possible. Doté d’un toit végétalisé, la cave et le chai à barriques s’enfoncent dans le sol, permettant une isolation naturelle, et permettant de travailler par gravité lors de l’arrivée du raisin.
 
Nos deux caves abritent trois types de cuves différentes (cuves inox, béton et chêne) afin d’enrichir et diversifier l’étendue des palettes aromatiques dans notre gamme de vins, que ce soit pour la vinification ou l’élevage. Notre chai à barriques renferme quelques secrets qui reposent patiemment dans des barriques de chêne français, dont un faible pourcentage de barriques neuves. »
 
 » L’œnotourisme ? Une opportunité de partager ma passion ! « 
 
Faites-vous de l’œnotourisme?
Si, oui, dites-nous ce qui vous a amené à développer cette activité ?
 
« Je développe l’œnotourisme au domaine, par le biais de visites, dégustations et expositions dans notre caveau de dégustation, un ancien prieuré datant du 11ème siècle que procède ma famille depuis plusieurs centaines d’année. C’est pour moi l’opportunité de partager notre passion pour les produits de notre belle région vinicole. C’est aussi l’occasion de faire découvrir notre patrimoine historique et culturel, autour d’un accueil convivial. Pour moi, l’œnotourisme permet également, de mettre en valeur la région du Pic-Saint-Loup et ses activités alentours. »
 
Qu’apporte le digital aux vignerons pour vous ?
 
« La communication digitale permet de faire tomber les frontières physiques entre le Château de Lascaux et le reste du monde. Nous avons alors la possibilité de nous faire connaitre, sans nous soucier de la distance qui nous sépare. Le digital nous permet d’informer, et de rendre compte de notre activité et notre vie au domaine. Les kilomètres n’empêchent plus de voir nos vignes, d’assister à l’arrivée du raisin pendant les vendanges, ou encore de nous suivre sur un salon.
 
La communication digitale permet au contraire, de nous rejoindre, de nous trouver. C’est un merveilleux outil qui permet de créer, lier et maintenir le contact avec le Château de Lascaux. »
 
Un dernier mot sur Geovina ?
 
 
Merci beaucoup ! Merci de nous avoir permis de déambuler dans votre univers et surtout de nous avoir permis de voyager à travers votre métier et vos vignes si spectaculaires !
 
– Fin interview –
 
Chez Geovina, ce qu’on aime par dessus tout, c’est vous faire voyager à travers les paroles de nos vignerons. C’est mieux les connaître, mieux vous faire comprendre le vin et son histoire.
 
N’oubliez pas de vous rendre sur le site Château de Lascaux et de vous connecter à notre appli Geovina pour découvrir le Château Lascaux,  ses cuvées et les particularités de ce sublime domaine… Mais aussi, venez faire un tour sur notre page Facebook, Twitter et Instagram pour tous les événements partagés sur le domaine !
 
À tout de suite !
 
Geovinament vôtre…